En 2018, Nicolas Cage était l’un des invités d’honneur du Festival international du film fantastique de Sitges, où il recevait un Grand Prix honorifique et présentait Mandy aux côtés de son réalisateur Panos Cosmatos. Entre sa défense passionnée du cinéma de genre, une petite demi-heure de conférence de presse et une étonnante masterclass, au cours de laquelle il nous fit découvrir une cinéphilie hors norme et une passion sans borne pour le cinéma asiatique notamment, tout ce qui fait la singularité de l’acteur était déjà là : l’excès, l’humour, une conception presque physique de son métier ainsi qu'une sincérité absolue.

Il y a des acteurs que l’on suit de film en film. Et puis il y a Nicolas Cage.
Une filmographie immense, forcément inégale, remplie de sommets, de curiosités et de films parfaitement oubliables. Mais même lorsqu’un film s’efface de la mémoire, Nicolas Cage, lui, s’oublie rarement.

Il accompagne en tout cas depuis longtemps ma vie de cinéphile. Je me souviens du jeune Smokey de Rusty James (Rumble Fish, 1983), chez Francis Ford Coppola, puis de la violence presque animale de Sailor Ripley dans Sailor et Lula (Wild at Heart, 1990), découvert au cinéma.
Et puis il y a Arizona Junior (Raising Arizona, 1987), des frères Coen, qui reste l’un de mes films préférés : un véritable cartoon en prises de vues réelles, complètement fou et pourtant profondément touchant, avec Nicolas Cage et Holly Hunter en couple incapable d’avoir un enfant et décidant d’en kidnapper un.
Impossible non plus, pour moi, de dissocier Cage de John Woo. Volte/Face (Face/Off, 1997) reste sans doute le film américain dans lequel Woo a pu libérer le plus complètement son style, avec Nicolas Cage et John Travolta littéralement condamnés à jouer l’un dans la peau de l’autre. J’ai également toujours défendu Windtalkers : Les Messagers du vent (2002), beaucoup plus mal reçu mais qui demeure à mes yeux l’un des meilleurs films américains de Woo : un film de guerre spectaculaire et profondément mélodramatique sur l’amitié, la fraternité, la culpabilité et le sacrifice. Un film qu’il faut d’ailleurs, à mon sens, découvrir dans sa version Director’s Cut, malheureusement jamais sortie en France et longtemps uniquement disponible en import, d’abord en DVD puis en Blu-ray.
C’est avec toutes ces images en tête que je me retrouve en octobre 2018 au Festival de Sitges, à quelques mètres de Nicolas Cage.

Sitges, ou la liberté d’être surréaliste
Pour cette 51e édition, l’acteur fait partie des grandes personnalités honorées par le festival. Il est également venu présenter Mandy, deuxième long métrage de Panos Cosmatos après Beyond the Black Rainbow.
Lorsqu’il monte sur scène pour recevoir son prix, juste avant la projection, Cage ne se contente pas des remerciements habituels. Il profite de l’occasion pour expliquer pourquoi un festival consacré au fantastique, à l’horreur, à la science-fiction, à l’action et à l’aventure compte autant pour lui.
« L’horreur obéit à des lois physiques différentes. Elle fonctionne selon une logique de rêve, et à l’intérieur de cette logique, on peut expérimenter. On peut explorer. C’est comme un terrain de jeu. »
Pour lui, le cinéma de genre offre aux artistes une liberté que le réalisme autorise plus difficilement.
« On peut être cinéaste. On peut être acteur. Et, à l’intérieur de ce genre, on peut donner corps à ses rêves les plus abstraits et les plus surréalistes sans être jugé pour cela, mais au contraire être accepté pour cela. »
Le propos pourrait presque servir de manifeste à sa propre carrière.
Cage insiste également sur le rôle d’un festival comme Sitges, capable selon lui d’encourager les jeunes artistes à prendre des risques :
« Avec votre enthousiasme et votre reconnaissance, vous encouragez de jeunes cinéastes et de jeunes acteurs à poursuivre leurs rêves, à aller de l’avant, à être abstraits et à être surréalistes. Cela encourage la pensée créative et stimule l’émergence de nouveaux talents. »
Des paroles qui résonnent d’autant plus lorsqu’on connaît son goût pour les projets atypiques et les jeunes cinéastes.

Mandy, « un opéra rock volcanique »
Mandy se déroule en 1983. Red Miller, bûcheron interprété par Nicolas Cage, vit à l’écart du monde avec Mandy Bloom, sa compagne, incarnée par Andrea Riseborough. Leur existence bascule lorsque Mandy attire l’attention de Jeremiah Sand, gourou d’une secte joué par Linus Roache. Après son enlèvement par le groupe et des motards cauchemardesques, Red se lance dans une vengeance transformant progressivement le film en délire de violence, de couleurs saturées, de drogues, de heavy metal et de visions hallucinatoires. Un territoire qui semble presque avoir été conçu pour Cage. Juste après lui, Panos Cosmatos doit à son tour résumer son film. Après avoir cherché plusieurs fois la meilleure définition, il en retient une particulièrement efficace :
« Un opéra rock volcanique. »
Cosmatos explique avoir commencé à écrire Mandy une dizaine d’années auparavant, à la même époque que son premier long métrage, en y évacuant toutes sortes d’émotions personnelles.
« Le chemin qui a mené à la réalisation de ce film a littéralement été rempli de sang, de sueur et de beaucoup, beaucoup, beaucoup de larmes. »
Puis il ajoute :
« Au risque de paraître fou, je crois que mon âme est incrustée dans les images de ce film. »
Lorsque l’on découvre Mandy, la formule paraît finalement assez juste : rouges incandescents, brumes, textures, silhouettes qui semblent se dissoudre, violence ritualisée et musique de Jóhann Jóhannsson composent moins un monde réaliste qu’un véritable paysage mental. Avant la projection, Cage tient enfin à saluer Andrea Riseborough et Linus Roache :
« Vous allez découvrir dans ce film deux interprétations qui vont vous époustoufler, et vous allez adorer le voyage. »
Entre l’« opéra rock volcanique » de Cosmatos et le « voyage » promis par Cage, le programme est annoncé. Quelques heures auparavant, lors de la conférence de presse, Nicolas Cage avait déjà commencé à nous expliquer pourquoi un film comme Mandy lui convenait aussi bien.

Jouer pour faire sortir quelque chose
Lorsqu’on lui demande s’il prend du plaisir à interpréter un personnage soumis à autant de douleur que Red Miller, Cage précise immédiatement que le mot « amusant » ne lui paraît pas tout à fait adapté.
« J’aime jouer pour le cinéma. Je trouve cela très cathartique. Quand je joue, j’ai le sentiment de libérer quelque chose. Je libère des émotions, des rêves et de l’imagination. Je ne sais pas si je dirais que c’est amusant, mais c’est plaisant. »
Cette idée de catharsis reviendra plusieurs fois pendant la conférence. Cage souligne également l’importance de l’humour dans Mandy. Il cite notamment une scène où Red découvre que sa chemise préférée a été déchirée. Plutôt que d’en faire une simple affirmation, Cage entend la réplique comme une phrase musicale :
« Je l’entendais presque comme de la musique. Au lieu d’en faire une affirmation — “Tu as déchiré ma chemise” — je voulais que ce soit une question qui soit aussi une affirmation : “Tu as déchiré ma chemise ?” »
Et il reproduit devant nous l’intonation.
« Tu as déchiré ma chemise ? Tu as déchiré ma chemise ? »
C’est déjà tout Cage : analyser très sérieusement la musicalité d’une phrase apparemment anodine au milieu d’un film complètement déchaîné.
Des cauchemars de l’enfance à Éclair de lune

Interrogé sur l’influence de l’expressionnisme allemand dans son jeu, Cage remonte à son enfance. Son père, August Coppola, possédait un projecteur et une collection de films. Nicolas Cage raconte avoir découvert Nosferatu, Metropolis et Le Cabinet du docteur Caligari alors qu’il n’avait qu’environ six ans.
« Ils m’ont tous donné des cauchemars. Ces images sont entrées dans mon corps et ne l’ont jamais quitté. »
Quelques années plus tard, James Dean dans À l’est d’Éden (East of Eden, 1955) lui fait découvrir une autre forme de puissance cinématographique.
« Quand j’ai découvert James Dean dans À l’est d’Éden et compris la puissance du jeu au cinéma, les émotions qu’il était possible de transmettre, j’ai décidé à ce moment-là que je voulais devenir acteur de cinéma. »
Cage explique qu’avec les années, il a cherché des films capables de lui permettre d’être plus abstrait au sein d’univers pourtant naturalistes, avec la complicité de réalisateurs suffisamment curieux pour accepter cette approche. Il donne alors un exemple inattendu : Éclair de lune (Moonstruck, 1987), de Norman Jewison. Cage y interprète Ronny Cammareri, boulanger passionné et colérique qui a perdu une main dans un accident et reproche à son frère Johnny une grande partie de ses malheurs.
Dans l’une des scènes les plus célèbres, il lance :
« J’ai perdu ma main, j’ai perdu ma fiancée. Johnny a sa main, Johnny a sa fiancée. »
La gestuelle du personnage lui vient directement de Metropolis.
« Le savant fou arrache son gant et fait ce geste. Je me suis dit : “Il faut absolument que je fasse ça dans un film.” »

Et Cage commet alors un délicieux lapsus :
« Finalement, c’est devenu Vampire’s Kiss… Je veux dire, finalement c’est devenu Moonstruck. Voilà, c’était Moonstruck. »
Le lapsus est d’autant plus savoureux que Vampire’s Kiss (Embrasse-moi, vampire, 1988) reste l’un de ses rôles les plus débridés. Cage y incarne Peter Loew, agent littéraire new-yorkais narcissique et instable qui se persuade progressivement qu’il est en train de devenir un vampire. Le film lui permet de pousser très loin un jeu physique et volontairement stylisé, qui contribuera plus tard à nourrir l’image du Nicolas Cage « excessif ». Mais derrière cet excès se cache manifestement une vraie réflexion sur le geste, le rythme et l’histoire du cinéma.
Mandy serait-il du metal ?

Lorsqu’on lui demande quel genre musical pourrait correspondre à Mandy, Cage répond presque naturellement :
« Panos a créé un monde auquel, je pense, beaucoup d’amateurs de metal seront sensibles. Le film possède cette énergie-là. »
Il précise que le metal n’était pas nécessairement présent consciemment lorsqu’il jouait Red, mais qu’en découvrant le film terminé, l’association lui a paru évidente. Encore une fois, Cage pense son métier à travers des sensations : images, musique, rythme, mouvement.
« Je veux jouer éternellement, si possible »
Puis vient peut-être la phrase qui résume le mieux le personnage. Une question porte sur des rumeurs voulant que Nicolas Cage envisage d’abandonner le métier d’acteur pour se consacrer à la production et à la réalisation. Il les balaie immédiatement :
« Non. Cela a été totalement sorti de son contexte. »
Puis ajoute :
« Je veux jouer éternellement, si possible. »
Difficile de trouver déclaration plus excessive. Et difficile, en même temps, de douter de sa sincérité. Chez un autre acteur, la formule pourrait sembler préparée. Chez Cage, elle paraît presque littérale. Jouer semble moins constituer pour lui un métier dont il envisagerait tranquillement la retraite qu’une nécessité.
Il précise toutefois :
« J’aimerais aussi, à un moment donné, revenir à la réalisation lorsque je le pourrai. »
Nicolas Cage est effectivement passé derrière la caméra en 2002 avec Sonny, son unique long métrage à ce jour comme réalisateur. James Franco y interprète un jeune homme qui revient à La Nouvelle-Orléans après son passage dans l’armée et tente d’échapper à l’existence de gigolo dans laquelle sa mère, jouée par Brenda Blethyn, l’avait autrefois entraîné. Mena Suvari et Harry Dean Stanton complètent la distribution, tandis que Cage lui-même s’offre une brève apparition. Le lendemain de la conférence, pendant sa masterclass, Cage reviendra sur Sonny, reconnaissant lui-même que le film est difficile à trouver mais qu’il mérite selon lui d’être vu. Il se montrera notamment très fier des interprétations qu’il avait obtenues de ses acteurs. Son envie de revenir un jour à la réalisation n’était donc manifestement pas une simple formule. Mais certainement pas au prix de l’abandon du jeu.
Nicolas Cage face à son propre mème

Lorsque la discussion se déplace vers le star-system, les réseaux sociaux et la téléréalité, Cage constate que la célébrité n’est plus nécessairement liée à un savoir-faire ou à une volonté artistique. Et forcément, Internet le concerne directement. Ses cris, ses grimaces et certaines de ses expressions sont devenus des GIFs, des montages et des mèmes regroupés sous l’expression « Cage Rage ». L’acteur en est parfaitement conscient.
« Ce n’est un secret pour personne : certaines de mes expressions faciales sont devenues virales à travers les mèmes, les montages, tout ce phénomène de “Cage Rage”. Mais je pense que c’est à la fois une bonne et une mauvaise chose. »
Ce qui le gêne est essentiellement la perte du contexte : isoler quelques secondes d’un film peut déformer complètement une performance. Mais il en reconnaît aussi l’avantage :
« Certaines personnes des jeunes générations peuvent voir ces images et avoir ensuite envie de découvrir le film. L’aspect positif, c’est que cela m’a permis de rester pertinent et dans l’actualité. »
Panos Cosmatos intervient alors avec une anecdote amusante. Une critique de Beyond the Black Rainbow avait voulu se montrer désobligeante en décrivant son film comme une sorte de page Tumblr transformée en long métrage :
Panos Cosmatos : « En gros, une série de GIFs sous forme de film. Mais moi, je l’ai pris comme un énorme compliment. »
Sur ce terrain aussi, Cage et Cosmatos semblaient faits pour se rencontrer.
Une tronçonneuse comme rééducation
L’une des questions porte naturellement sur le spectaculaire duel à la tronçonneuse de Mandy. Cosmatos évoque quelques précédents du cinéma de genre, parmi lesquels Massacre à la tronçonneuse 2 et Phantasm II, avant de résumer sa propre scène :
Panos Cosmatos : « C’est peut-être le duel au sabre laser des psychopathes. »
La réponse de Nicolas Cage est plus personnelle. Avant le tournage, il s’était cassé la jambe et avait passé trois mois en fauteuil roulant. Il avait même envisagé de renoncer au film. En travaillant avec le coordinateur des cascades Ben Cook, quelque chose d’inattendu se produit :
« Cela a rééduqué ma jambe. J’ai commencé à mieux bouger, puis à mieux marcher. »
Et toute la frustration accumulée pendant cette immobilisation finit par nourrir le personnage.
« Toute la colère d’avoir été dans un fauteuil roulant, de m’être senti prisonnier, est passée directement dans mon interprétation pendant la scène de la tronçonneuse et celle de la hache. Je n’avais pratiquement pas besoin de jouer. J’étais libre et je marchais à nouveau. Je faisais tout sortir. »
La catharsis dont il parlait au début de la conférence devient ici presque littérale.
Les lumières rouges de Panos Cosmatos

Lorsque vient mon tour d’intervenir, j’interroge Panos Cosmatos sur les inspirations visuelles, musicales et atmosphériques de Mandy. Il explique que, sur Beyond the Black Rainbow, il utilisait beaucoup de plans d’autres films comme références de couleurs. Pour Mandy, il se sentait suffisamment en confiance pour puiser davantage dans ses propres sensations. Son exemple est particulièrement parlant :
« L’une de mes plus grandes inspirations peut simplement être de rester assis dans une voiture garée, avec les feux arrière allumés, et de regarder dans le rétroviseur la fumée éclairée en rouge pendant que vous fumez un joint dans votre voiture. »
Puis il complète :
« Je voulais donner au film une sensation élémentaire. Que tout semble naître du feu, de l’eau et de la terre. »
Le vent, la fumée, les débris : tout devait donner à Mandy une dimension plus organique que celle de son premier film. Son « opéra rock volcanique » prend alors tout son sens.
Charlton Heston et l’art de souffrir
Juste avant la fin, Cage revient spontanément sur Ben-Hur, cité plus tôt dans la conférence. Il rapproche Red Miller du personnage de Charlton Heston et, dans une moindre mesure, d’Ash, héros des films Evil Dead incarné par Bruce Campbell. Ce qui l’intéresse surtout chez Heston est sa manière de souffrir à l’écran :
« Charlton Heston aimait vraiment se placer dans la position du martyr. Il adorait faire souffrir ses personnages. Tout passait par les dents serrées. »
Cage cite également Le Survivant (The Omega Man, 1971) et son imagerie christique, avant de formuler une remarque qui pourrait presque s’appliquer à lui-même :
« J’ai toujours trouvé cela extrêmement puissant. Mais en même temps, il y a quelque chose de très comique dans la manière dont Heston souffre en tant qu’acteur. »
Puissant et comique. Une frontière que Nicolas Cage connaît particulièrement bien. Il fait partie de ces rares acteurs capables de pousser une émotion jusqu’au bord du ridicule tout en conservant une forme de sincérité absolue. Il ne cherche pas nécessairement à éviter ce risque. Il l’utilise.
« Je pense qu’il y a un peu de cela dans le personnage de Red Miller. »
Sans doute y en a-t-il aussi un peu chez Nicolas Cage.
Toujours ailleurs
Huit ans ont passé depuis cette rencontre à Sitges, et la suite de la carrière de Cage n’a guère contredit ce que l’acteur nous disait ce jour-là. Sa filmographie est restée pléthorique et imprévisible. Mais au milieu de productions parfois anecdotiques, il a régulièrement trouvé des films capables de rappeler pourquoi il demeure un acteur aussi singulier. Joe, de David Gordon Green, l’avait déjà replacé dans un registre sombre et contenu. Le Casse (The Trust, 2016), avec Elijah Wood, l’avait amené à faire confiance aux frères Ben et Alex Brewer pour leur premier long métrage. Et peu après Sitges allait arriver une autre rencontre importante.

En 2019 est annoncé Pig, premier long métrage de Michael Sarnoski. Cage en accepte le rôle principal et participe également à sa production. Sur le papier, l’histoire d’un homme solitaire partant à la recherche de sa truie truffière enlevée pouvait presque laisser imaginer une nouvelle variation de film de vengeance. Le résultat sera exactement l’inverse. Pig deviendra un film mélancolique, intime et profondément humain, porté par un Cage d’une retenue remarquable. Une nouvelle preuve qu’après plusieurs décennies de carrière, il restait capable de faire confiance à un réalisateur débutant et de se mettre entièrement au service d’un univers qui n’avait rien d’évident.

Cette curiosité semble finalement être l’un de ses meilleurs moteurs. Au point de continuer à franchir des frontières qu’il avait longtemps laissées de côté. En 2026, Cage a ainsi effectué son véritable grand saut vers la série télévisée avec Spider-Noir, où il incarne dans le New York des années 1930 une variation du personnage qu’il avait déjà doublé dans Spider-Man: New Generation. La série a décroché onze nominations aux Emmy Awards et plusieurs récompenses techniques.

Nicolas Cage reste donc exactement ce qu’il était déjà à Sitges : difficile à anticiper. On peut parfois se demander pourquoi il accepte tel film, puis le retrouver quelques mois plus tard dans un projet qui semble avoir été conçu pour rappeler qu’il n’a aucune envie de devenir prévisible.
Le lendemain de cette conférence, je le retrouverai pour une masterclass entièrement consacrée à sa carrière. Il y parlera notamment de cinéma japonais, de Masaki Kobayashi, de Tatsuya Nakadai, mais aussi de John Woo et de leurs collaborations sur Volte/Face et Windtalkers. Ce sera l’objet d’une deuxième partie.
Pour celle-ci, une phrase suffit finalement à résumer l’homme que nous avions devant nous ce jour-là :
« Je veux jouer éternellement, si possible. »
Et puisqu’il n’a manifestement pas fini de nous surprendre, on ne va certainement pas être ceux qui lui diront d’arrêter.

